Parlons de la mort sans tabou !
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Partons à la découverte de la mort dans le monde !
Rites, croyances, culture, traditions, ... c'est comment la mort ailleurs ?
Après le Maroc, le Danemark, la Russie, l'Inde, l'Australie, l'Indonésie, la Chine, le Japon, l'Argentine
Dixième étape du tour du monde de la mort :
le CONGO
"Ce qui est fait est fait, il n'y a plus à le regretter."
Proverbe Congolais- Ethnie Bakongo
Au Congo, les rites funéraires, dépendent de l'ethnie dont le défunt est issu. En effet, à chaque ethnie sa culture, à chaque ethnie ses règles. Nous nous concentrerons donc sur les coûtumes des Bateke (situés majoritairement à Kinshasa) et les coûtumes des Lundas (situés majoritairement au Katanga). Notons que les rites traditionnels sont encore fort respectés, nombre de Congolais attachent, en effet, une grande importance à la tradition.
Cependant, nous pouvons dégager une généralité à toutes les Ethnies du Congo; après la mort du défunt, une annonce publique est faite. Les proches diffusent la
nouvelle dans toute la communauté (amis, famille, proches).
A ce moment là, la famille et les amis du disparu sont invités au domicile de celui-ci. La famille proche accueille les invités, ils sont logés et nourris aux frais d'une cotisation, chacun
donne ce qu'il veut.

Avant, dans les coûtumes Lunda et Bateke les proches venaient avec des plâts et des offrandes, la cotisation se faisait plutôt en nature. L'idée était d'offrir à la famille du défunt les moyens d'accueillir tout le monde. Maintenant, l'argent a pris une place très importante: les concessions dans les cimetières sont devenues payantes, on peut louer un corbillard, il y a des frais d'entretien du corps, les prix grimpent! Pour ces raisons, la cotisation classique se fait sous la forme d'un don d'argent.
Lors du deuil, une pièce est réservée à la matriarche (la femme ou la mère du défunt) et ses mères pleureuses (amies et famille de la matriarche qui viennent pleurer avec celle-ci), elles y expriment leur tristesse en criant, en chantant et en pleurant.
Les invités, eux sont réunis dans la cour de la maison, l'ambiance y est généralement moins lourde. On peut y voir de nombreux sourires et, parfois, des conversations enjouées. Dans le deuil Africain, les proches font front ensemble, la présence de la communauté réconforte les plus touchés, des sourires se dessinent progressivement sur les visages. Chez les Lundas, certaines mères viennent pour houspiller la matriarche, elles la charient et se moquent d'elle. Le but n'est pas de blesser, mais de provoquer une réaction d'orgueil, le message derrière ce jeu est: "il/elle est parti, certes, mais la vie continue. Remets-toi en selle, nous sommes là pour te soutenir, nous te harcèlerons jusqu'à ce que tu te décides à aller mieux.". C'est une forme de soutien par l'humour.
Chez les Bateke, les Lundas et la plupart des autres ethnies, ce rituel dure 40 jours.
Documentaire sur un deuil et un enterrement complet (Quand vient le deuil ) en Belgique!

Cimetière Tabacongo - Lubumbashi
Durant le deuil, le corps est déposé dans une morgue où il sera entretenu en attendant que la famille réunisse les fonds nécessaires à la cérémonie funéraire. C'est aussi à cet endroit là que le corps sera lavé et habillé par ses proches. A Lubumbashi, au Katanga, seuls les aînés ou ceux de l'âge du défunt peuvent s'en occuper, en effet, ses cadets ne peuvent pas le voir nu (par Joël Noret et Pierre Petit).
Le jour de l'enterrement, toute la maison endeuillie se déplace vers la morgue pour pleurer le défunt avant son enterrement. Le cerceuil est exposé ouvert (si le corps est présentable), chaque membre de la communauté peut alors dire un dernier mot au disparu. Des hommages publics sont faits au devant de tous. Selon l'importance sociale de la famille, la cérémonie sera majestueuse, ou non.
J'ai pu assister, lors de mon voyage à Kinshasa, à une cérémonie Bateke dont le défunt était un homme important. Nous avons eu droit à une sonorisation impressionnante (micros et baffles surpuissants), une distribution de nourriture et de boissons, des hommages des proches et amis, des chants et une messe lors de laquelle le pasteur honorait la mémoire du défunt. Précisons que cette cérémonie a pris place dans la maison du défunt, ça reste une exception. Celle-ci se passe en principe au lieu de culte choisi par la famille.
En fin de cérémonie, le cortège (venu du lieu de culte) se dirige vers le cimetière. Il est précédé par le corbillard. Dans les coûtumes Lunda et Bateke, le corbillard est accompagné de 8 jeunes, garçons et filles, (appelés les Zangazanga au Katanga) jusqu'à l'emplacement de sa dernière demeure.
Enfin, le cerceuil est enterré. La mise en terre est éventuellement accompagnée de chants.
Une fois le corps déposé dans sa dernière demeure, le pasteur fait une éloge à la mémoire du défunt. La famille du défunt dit, si elle le souhaite, un petit mot. Le cerceuil est recouvert à la fin du processus et selon la classe sociale de la famille, des fleurs ou des outils sont déposés dessus.
A ce stade-ci les 40 jours ne sont pas encore écoulés.
Enterrement de Rémy Munsense, Père Prieur du Monastère de la Kiswishi (Monastère des 7 Sources) à Lubumbashi, Katanga, RDC
Après l'enterrement, le cortège se dirige vers la maison du défunt, un repas y est organisé. Il s'agit ici de remercier la communauté d'avoir apporté son soutien à la famille. L'ambiance y est beaucoup plus légère, presque festive.
La maison reste ouverte jusqu'à l'écoulement total des quarante jours, les membres de la communauté sont libres de venir et de rester dormir. La matriarche reste entourée des femmes qui souhaitent être présentes dans une salle séparée.
A la rupture de deuil, au bout des quarantes jours, une fête est organisée, un repas y est distribué. On danse, on boit, on chante pour fêter la sortie du deuil. C'est également lors de la veillée que les discussions sur l'héritage prennent place
En Europe, la tradition est totalement respectée (cf. le reportage en haut d'article). Le deuil se fait à domicile, le corps est déposé au mortuarium où il recevra une visite de la communauté (il sera pris en charge par les membres du mortuarium en présence de la matriarche), le corbillard devance un cortège (de voitures cette fois-ci) jusqu'au cimetière. La mise en terre dépend, cependant, du règlement du cimetière. En effet, certains refusent une présence autre que celle des ouvriers du cimetière pendant que le cerceuil est recouvert pour des raisons de sécurité. Nous devons noter une différence importante: les maisons et cours sont en général plus petites! Dans ces cas là, les familles louent des salles pour organiser les fêtes et les veillées.
Le rapatriement se fait selon les dernières volontés du défunt. Il y a maintenant de moins en moins de corps qui rentrent au Congo. Cela s'explique par la mauvaise qualité des cimetières locaux et la présence de pilleurs. Les plus anciens préfèrent alors rester en Europe, là où ils sont assurés de l'entretien de leur pierre tombale. Après de nombreuses conversations, je constate que les plus jeunes sont, de manière générale plus attachés à leur pays d'acceuil (ils y ont vécu plus longtemps). Leur pays d'origine ne leur est pas assez connu que pour y être enterré. De plus, ils ont des amis, des parents et des proches déjà enterré en Europe, il leur est plus simple de suivre les habitudes dont ils ont été témoins.
A bientôt !
Nelson
pour foruforever - la
mort fait partie de la vie

Sources :
http://www.mon-poeme.fr/proverbes-congolais/
Interview: Nelson Mushidy et Cécile Erumba le 30/10/2010
Livre: Mort et dynamiques sociales au Katanga, Joël Noret et Pierre Petit, L'Harmattan
http://evecheinongo.blogspot.be/2010_06_01_archive.html
http://savoir.fr/les-rites-funeraires
http://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9k%C3%A9s
http://www.marandy.be/spip.php?page=article&id_article=147&recherche=deuil&lang=fr&id_rubrique=15

Partons à la découverte de la mort dans le monde !
Rites, croyances, culture, traditions, ... c'est comment la mort ailleurs ?
Après le Danemark, la Russie, l'Inde, l'Australie, l'Indonésie, la Chine, le Japon, l'Argentine
Neuvième étape du tour du monde de la mort :
le MAROC
Le thé à la menthe doit être sucré comme la vie,
mousseux comme l'amour et
amer comme la mort
Proverbe marocain
Au Maroc, comme dans tous les pays musulmans, sans aucune variante,
les morts sont enterrés suivant la Loi islamique (cf. notre article sur les rites musulmans face à la mort: cliquez ici). En principe, le défunt doit être enterré dans les 24h après son
décès, si c'est matériellement possible.
Le corps est soigneusement lavé avec une eau savonneuse et camphrée, ensuite on l'enveloppe nu dans un linceul de coton blanc (le kfen), symbole de retour à la pureté.
On assiste ensuite à la prière du mort, soit à la mosquée, soit au cimetière. Aucune femme n'a le droit de suivre le
défunt. Le linceul est posé au sol et la prière se fait, une prière normale comme celle qui se fait cinq fois par jour. Puis il est enterré, placé sur le flanc droit à même le sol, les yeux tournés vers La Mecque en attente du jugement. L’index reste tendu en témoignage de l’unicité de Dieu.
Les fosses creusées dans le sol sont recouvertes de lattes de pierre, que l'on cimente avec du sable et de la chaux. Puis le tout est recouvert de
terre. La tombe est souvent recouverte d'une dalle tombale, de pierre ou de marbre, où sont gravés le nom, les
dates de naissance et de décès du défunt. Parfois, un petit monument marque l'emplacement.
Les tombes sont plus petites qu'en Occident car elles ne doivent pas contenir de cercueil, sauf pour les suicidés qu'on ne peut dévoiler et que l'on va, dans ce cas, enterrer dans un cercueil scellé par les autorités.
Ces rites très dépouillés n'ont pu donner lieu à un grand développement des entreprises de pompes funèbres.
La crémation est absolument interdite dans les pays islamiques, ainsi que tout
autre procédé qui est considéré comme contrariant le dessein de Dieu. Il ne convient donc pas de pleurer, ni de se rebeller.
Il est d'usage d'organiser des soirées commémoratives au troisième jour, certainement pour permettre à ceux qui habitent loin de pouvoir venir
présenter leurs condoléances. Le deuil dure 40 jours. Il n'a aucun effet sur les occupations quotidiennes ou professionnelles pour ceux qui le portent. L'épouse doit s'habiller
exclusivement de blanc durant ces quarante jours, chaussures comprises.
Le quarantième jour, on refait une saddaka: les proches et les amis se réunissent de nouveau dans le domicile du défunt, récitent des versets du Coran et font des vœux pour que l'âme du défunt soit bénie, que ses éventuels péchés soit pardonnés et pour que sa famille retrouve la sérénité et le bonheur. Ce quarantième jour marque la fin du deuil. Le jour de l'enterrement et le 40e jour, un dîner est offert aux gens présents et l'aumône est faite au cimetière.

La communauté se regroupe pour faire face à la mort d'un de ses membres. Tout un arsenal de symboles réconfortants se met en place pour repousser, voire anéantir l'aspect terrifiant et froid de la mort. Par la croyance et le côté sacré, le rite acquiert une fonction hautement apaisante et sécurisante. La mentalité marocaine face à la mort est directement encadrée par l'enseignement religieux. La foi devient donc le soutien naturel du Musulman pour qui tout se résume dans la phrase : «c'est à Dieu que nous appartenons et c'est à Lui que nous retournons».
La mort d'un membre du groupe devient plus tolérable lorsqu'on peut l'associer à un cycle de mort-vie, c'est-à-dire que les naissances rendent la mort plus supportable.
Selon la tradition, dès que le décès est survenu, la famille en avertit les amis, les gens vertueux de la communauté et les proches parents. La maison du défunt est alors ouverte aux visiteurs
pour les condoléances. Les femmes reçoivent les femmes et restent à domicile. Les hommes reçoivent les hommes, la plupart du temps chez un voisin. La mort a
véritablement une dimension communautaire très forte au Maroc. Elle provoque une mobilisation générale autour des endeuillés, visant à les aider pendant les premiers jours
en les déchargeant la plupart du temps de tout souci. Toujours selon la tradition, dans certaines régions, les voisins veillent eux-mêmes à ce que le domicile du défunt soit propre, font
la cuisine, reçoivent les visites pour que les proches soient le moins possible dérangés. Ils nettoient de fond en comble l'appartement du défunt dès que le convoi mortuaire part vers le
cimetière. Ce sont généralement eux qui préparent le repas de retour du cimetière, principalement du couscous.

Entre 1960 et 1980, sous le régime d'Hassan II, des centaines d'opposants politiques sont morts et des milliers ont disparu sans laisser de traces. En 2004, une Instance équité et réconciliation, mise en place par le roi Mohamed VI, a enquêté sur ces violences d'Etat afin d'en indemniser les familles victimes. Le film suit cette enquête au sein de quatre familles marocaines. Et laisse émerger un douloureux retour sur soi de toute une société, mais aussi un intime travail de mémoire et de deuil qui rejoint le travail cinématographique...
Un des prisonniers du sinistre bagne de Tazmamart décrit par le détail ses 18 ans d’enfermement dans des conditions terribles. Il raconte aussi la mort de ses camarades les uns après les autres… Un livre-choc, le plus gros succès d’édition que le Maroc ait jamais connu...
«On parle beaucoup des survivants, mais on passent sous silence les morts, or ce sont eux les grands perdants. Et je voulais leur rendre hommage». Aziz BineBine rend hommage à chacun de ses frères défunts de Tazmamart. Témoignage précieux sur un cauchemar carcéral moderne...
L’histoire de quatre sœurs qui se retrouvent à la rue à la mort de leur mère, expulsées par un père soumis à sa nouvelle épouse. Elles reviennent dix ans plus tard pour raconter leur vie d’infortune. Un conte cruel qui dénonce les tares d'une société patriarcale...
Il faut noter que le phénomène d'isolement dans les grands centres urbains commence à toucher également les foyers musulmans. La charité est moins forte, moins spontanée, la modernité pourrait finir par avoir raison du deuil d'antan...
Actuellement, des traiteurs commencent à proposer leurs services pour les enterrements.
A bientôt !
Marie-Laure
pour foruforever - la mort fait partie de la vie

Sources :
http://www.wat.tv/video/tanger-maroc-cimetiere-marshan-4ja5t_4ezlx_.html
http://www.bibliomonde.com/pays/maroc-1.html
http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20100819172741AANI8TV
http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20110313104820AAzBVe4
http://www.obseques-liberte.com/rites-funeraires/Musulmans.htm
http://savoir.fr/les-rites-funeraires
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=139260.html
http://www.maghress.com/fr/financesnews/2847
http://www.bibliomonde.com/pays/maroc-1.html
http://fr.answers.yahoo.com/question/index?qid=20080716114048AAhWPgv
http://www.foruforever.net/fr/blog/article-les-rites-musulmans-face-a-la-mort-73219088.html

Partons à la découverte de la mort dans le monde !
Rites, croyances, culture, traditions, ... c'est comment la mort ailleurs ?
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Septième étape du tour du monde de la mort :
le JAPON
Qu'est-ce que la mort?
Quelqu'un qui s'en va, qui ne vous adresse plus un mot.
Banana Yoshimoto
Les rites
funéraires au Japon comprennent une crémation du corps puis une mise en terre des cendres dans la tombe familiale. A cause du manque de place dans les cimetières
dû à la forte densité de population, l'incinération est obligatoire et le Japon se retrouve au premier
rang mondial pour les dépenses allouées aux obsèques dont le coût moyen est évalué à 30 000 euros (contre 4 000 euros en France).
Les pratiques funéraires japonaises sont empreintes des croyances religieuses dominantes: le bouddhisme et le
shintoïsme. Juste après la mort, les proches humidifient les lèvres du mort dans le but que celui-ci renaisse
(réincarnation). Puis, ils disposent à côté du défunt, une table sur laquelle sont placés des fleurs, de l’encens et une bougie.
Ces deux
rituels se déroulent durant la veillée funèbre où les proches du défunt se réunissent "consoler" ce dernier car il est "peu enclin à partir". Enfin, un
chapelet bouddhiste est placé entre ses mains pour aider son âme à renoncer aux désirs humains afin d’atteindre la vertu. Dans certain cas, la famille dispose un couteau sur la
poitrine du mort, afin d’éloigner les mauvais esprits. Puis les proches déposent auprès du corps un sac rempli d’argent afin que l’âme du défunt puisse traverser le "fleuve de la mort", situé entre le monde des vivants et l’autre monde.
Les autorités sont ensuite prévenues et délivrent un certificat de décès. C’est le fils aîné qui a la charge de l’organisation
des obsèques. Il contacte un temple pour procéder aux rites religieux et choisir la date des obsèques. Le corps est lavé est les orifices sont
fermés avec du coton. Les derniers habits sont traditionnellement un costume pour les hommes et un kimono pour les femmes. Des
soins de thanatopraxie peuvent être prodigués pour améliorer l’apparence physique du mort.
La tenue traditionnelle lors de la veillée funèbre est entièrement blanche, mais depuis l’ouverture du Japon sur le monde occidental, la tendance est à la couleur noire. Cependant, les Japonais ne portent pas le deuil après la cérémonie. Les proches du défunt font appel à un moine bouddhiste (sōryo), qui va lire un sutra durant la veillée et donnera un nom posthume au défunt. Durant la cérémonie, les participants offrent de l’encens pour obtenir l’aide des bons esprits et de l’argent dans une enveloppe noire et grise.

Les participants prennent de la poudre d’encens dans leurs mains, les lèvent à hauteur des yeux, referment les doigts et
prient. Ils laissent ensuite tomber l’encens dans le brûleur. Cette action est répétée deux fois. Lorsque le moine bouddhiste termine la lecture du sutra, le cercueil est refermé et la
veillée funèbre prend fin. En partant, les personnes ayant participé à l’o-tsuya, s’aspergent de sel
purificateur avant de rentrer chez eux, pour conjurer le mauvais sort.
Ensuite, la crémation a lieu. La tradition veut que les membres de la famille du mort fassent glisser le corps dans la chambre crématoire. Après la crémation, les os et les cendres sont récupérés puis placés dans une urne prévue à cet effet: les os du
corps du défunt sont retirés avec des baguettes, en commençant par ceux des pieds et en remontant jusqu’au
crâne, puis sont placés dans une urne funéraire. Cette méthode d’extraction a pour but d’éviter au défunt de se retrouver "la tête vers le bas" dans l’urne. Cette dernière est
ensuite placée sur un autel et conservée pendant 49 jours dans la maison familiale. Pendant cette durée, le moine prie les 3e, 7e, 21e et le 49e jour pour guider l’âme du défunt.
Une fois la période des 49 jours écoulée, l’urne est portée au caveau familial où plusieurs membres de famille reposent. Cette tombe (haka) est constituée d’un monument en
pierre au pied duquel se trouve un bac pour disposer des fleurs ainsi que de l’encens. Tout ceci surplombe une crypte où sont entreposées les urnes funéraires de la même famille.
Sur le côté du monument en pierre, est gravé le nom de la personne qui a fait l’acquisition du caveau. Les noms des défunts sont gravés
sur la face de la pierre. Mais il est de plus en plus fréquent que le nom du défunt soit aussi écrit sur une pièce en bois placée à côté du caveau. Lorsqu’une personne mariée décède, le nom du
conjoint est gravé sur la pierre et peint en rouge. Cette peinture symbolise la volonté des époux de se rejoindre dans la tombe. Ainsi, lorsque le second membre du couple décède, la peinture est
alors effacée. Notons tout de même que cette pratique est de moins en moins suivie de nos jours.

Cérémonie funéraire japonaise
"Departures", film
japonais sur la mort et les rites funéraires pratiqués au Japon récompensé par un Oscar
Après la dissolution de son orchestre, Daigo, un violoncelliste, retourne dans son village natal du nord-est du Japon afin de chercher un nouveau travail. Croyant répondre à une offre d'emploi dans une agence de voyage, il est engagé, sans d'abord réellement savoir en quoi consistera son activité, dans une entreprise de pompes funèbres. Ce travail, que personne ne veut faire et que Daigo lui-même n'aurait jamais imaginé faire, va transformer sa vie et celle de son entourage...

"KWAIDAN" de Lafcadio Hearn (1903)
Kwaidan ou Histoires et études de choses étranges
Voici des récits de fantômes, raconté par le plus japonais des auteurs occidentaux. Certains sont tirés d'anciens livres, d'autres ont été recueillis par l'auteur lui-même auprès de vieux
paysans. Lafcadio Hearn, à qui l'on doit de magnifiques livres sur le Japon au début du XXe siècle, était britannique avant d'obtenir la nationalité japonaise en 1894. Adopté par la famille de sa
femme, il a pris le nom de Koizumi Yakumo et est devenu professeur de littérature anglaise à l'Université de Tokyo.
Dans ce livre, Hearn a rassemblé des histoires de fantômes Japonais (Kwaidan) qui épouvantaient les Japonais de l'époque Edo. Mystère, secrets, forces obscures, ces histoires reflètent bien le rapport à la mort que les Japonais vivent à travers le Shintoïsme. Le bouddhisme est également très présent dans ces contes, la réincarnation y est souvent évoquée et nombreuses sont les histoires se déroulant au sein des temples ou mettant en scène des moines Zen. Ce livre a été porté à l'écran en 1964, par Masaki Kobayashi.
Le grand cimetière de Yanaka se trouve au nord de Tokyo, dans le quartier du même nom. Plusieurs temples existent dans le cimetière. Le dernier des Shoguns, Tokugawa Yoshinobu, y est enterré.
Le cimetière d'Aoyama se situe dans le quartier de Minato à Tokyo. Il est géré par le gouvernement métropolitain de la ville. Il est célèbre pour ses cerisiers en fleurs et est
très visité durant la période de floraison. Le cimetière se trouve à l'origine sur une terre de la famille Aoyama faisait parti du clan Gujō dans la province de Mino (aujourd'hui dans la ville de
Gifu). Ce fut le premier cimetière public du Japon. Il a une superficie de 260 000 m2.

Kofun d'Ishibutai à Asuka
Les kofun sont des monuments funéraires mégalithiques japonais de la proto-histoire, qui ont donné leur nom à la période Kofun entre le IIIe et le IVe siècle. Ces vestiges archéologiques représentent la seule source contemporaine d'informations japonaises sur cette époque puisque les sources écrites sont plus récentes.
Ces tumuli, dont la forme a varié au cours des siècles, sont généralement, vus de haut, en forme de trou de serrure (trapèze surmonté d'un
cercle), mais peuvent être aussi ronds (empun), rectangulaires (zempō-kōhō) ou
carrés (hōfun). La forme mixte (zempō kōen : en trou de serrure) paraît purement japonaise. La chambre funéraire, qui pouvait être peinte, se
trouve dans la partie ronde. L'avant était généralement orienté vers le sud ou l'ouest. On y disposait dessus et tout autour des haniwa qui délimitaient cet espace sacré et le protégeaient. Le
tertre pouvait également être entouré de fosses contenant de l'eau qui symbolisaient alors la séparation entre le monde de la mort et celui de la vie.
Le Japon a une longue tradition de la peine de mort, principalement en temps de guerre. La peine de mort au Japon constitue le châtiment suprême dans ce pays qui l'exécute régulièrement par pendaison. La peine capitale est dans la pratique utilisée essentiellement contre les auteurs de multiples meurtres commis avec circonstances aggravantes.
Dans certains cas, se donner la mort est vu comme une façon noble de mourir dans la société japonaise.
Le seppuku (littéralement «coupure au ventre») ou harakiri, est une forme rituelle de suicide masculin par éventration, apparue au Japon vers le XIIe siècle dans
la classe des samouraïs, et officiellement interdite en 1868.
A bientôt !
Marie-Laure
pour foruforever - la mort fait partie de la vie

Sources :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Rites_fun%C3%A9raires_au_Japon
http://japon.aujourdhuilemonde.com/departures-film-sur-les-rites-japonais-recompense-par-un-oscar
http://kyoto.japon.free.fr/k_Litterature.html
http://www.interreligieux.ch/accueil.php?section1=image&iyear=2006&simage=l
http://www.mackoo.com/japon/tokyo-yanaka-cimetiere.htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Cimeti%C3%A8re_d%27Aoyama
http://fr.wikipedia.org/wiki/Kofun
http://fr.netlog.com/Sayuri999/blog/blogid=2864856

Partons à la découverte de la mort dans le monde !
Rites, croyances, culture, traditions, ... c'est comment la mort ailleurs ?
Après le Danemark, la Russie, L'Inde ...
Quatrième étape du tour du monde de la mort :
l' AUSTRALIE
La solitude n'est jamais si cruelle que lorsqu'on la ressent tout près de quelqu'un
qui a cessé de communiquer.
Germaine Greer
Les peuplades autochtones de l’Australie ont développé des croyances religieuses et des rites funéraires plus de dix mille ans avant que des pratiques similaires n’émergent le long du Nil et dans le delta du Tigre et de l’Euphrate.

Leurs façons de faire – techniques de chasse et de pêche, habitat, objets utilitaires et d’agrément, armes, motifs peints, gravés et sculptés, ornements corporels, performances rituelles, pratiques funéraires etc. – leur ont été léguées par les différents êtres ancestraux qui, durant un très lointain passé, instituèrent la Loi sacrée qui régit tous les aspects de la vie et de l’organisation de la société. L’art est l’un des moyens de rendre sensible et opérante la matrice conceptuelle qui englobe les plans physiques et métaphysiques de l’existence.

Totems et objets réalisés à l'occasion de rites funéraires et qui ont la capacité d'emmagasiner le pouvoir spirituel des défunts
____________
"La mort est souvent vécue comme un événement traumatisant pour lequel il est nécessaire de trouver un responsable. Les rites funéraires sont essentiels car les Aborigènes pensent que l'esprit d'un mort ne peut se retourner vers les Ancêtres de son Rêve qu'à la suite de cérémonies appropriées.
Ces dernières varient beaucoup d'une région à une autre : certains enterrent leurs morts, d'autres pratiquent la crémation, d'autres encore exposent le corps du défunt sur une plate-forme
ou dans un tronc d'arbre creux.
Les rites funéraires, qui peuvent durer jusqu'à plusieurs mois, sont presque toujours accompagnés d'interdits : voeu de silence pour les veuves, interdiction de prononcer le nom personnel du
défunt pendant la période du deuil.
S'il porte un nom aussi commun que Pierre en français, il faut éviter d'utiliser le substantif de même consonance pour désigner un caillou, et s'habituer à appeler tous les autres Pierre
uniquement par leur nom collectif; certains membres du clan peuvent être conduits à changer de nom après un décès."(1)
Un film australien émouvant sur la mort avec Charlotte Gainsbourg
En Australie, Dawn et Peter vivent heureux avec leurs quatre enfants à l'ombre de leur gigantesque figuier. Lorsque Peter meurt brutalement, chacun, pour continuer à vivre, réagit à sa
manière. Simone, la petite fille de 8 ans, croit que son père vit à présent dans l'arbre. Un jour, elle initie Dawn à son secret... Peu à peu Dawn retrouve des forces, un travail. Peut-être un
nouvel amour ? La vie reprend mais l'arbre devient envahissant : ses branches, ses racines, et même son peuple de grenouilles et de chauves-souris se lancent à l'assaut de la maison et menacent
ses fondations ! Dawn n'a plus le choix : elle doit le faire abattre...

Les Aborigènes Tiwi des îles Melville et Bathurst, au nord de l'Australie, sont bien connus dans la littérature ethnographique, et leurs rites mortuaires élaborés ne sont pas ce qui contribue le moins à cette réputation. Eric Venbrux* se penche sur un aspect de la façon dont les Tiwi traitent la mort qui a reçu peu d'attention jusqu'ici, à savoir la destruction des biens personnels du défunt. Les Tiwi se débarrassent des objets d'une personne décédée pour des raisons à la fois émotionnelles et cosmologiques. Les survivants considèrent que laisser ces objets présents serait trop douloureux, mais il n'est pas nécessaire de tout détruire aussitôt : un objet choisi peut être mis de côté et utilisé pour focaliser l'émotion lors des rites mortuaires finaux, qui interviennent des mois après un décès. Les rites mortuaires tiwi ont beaucoup de similitude avec le modèle de Hertz relatif aux funérailles primaires et secondaires, bien qu'il n'existe pas de réel traitement des restes corporels. Il y a coïncidence de l'accomplissement des rituels, de la transition de l'esprit vers l'autre monde, de la période de deuil des survivants, et, dans le cas traité par Hertz, de la décomposition du corps (jusqu'au moment où les os sont secs). Dans le cas tiwi, on n'observe pas de traitement secondaire des restes, mais le traitement d'un tronc d'arbre ou de perches et l'annulation de la matérialité de la chair. La destruction des possessions personnelles du défunt, en même temps qu'une objectification de souvenirs non-matériels, servent à constituer le nouvel esprit du mort.
L'endocannibalisme serait pratiqué au sein du groupe. La mise à mort préalable n'est pas obligatoire, mais possible : dans certaines tribus australiennes, des infanticides rituels étaient suivis de la consommation du nouveau-né, qui assurait sa renaissance avec une force accrue. Ce cannibalisme permet l'ingestion des " qualités " qui caractérisent le groupe. La consommation de la viande a aussi un caractère conservatoire : mangée, elle ne se décompose pas. Il y a même parfois des obsèques des ossements.
Quant aux phénomènes religieux, leur étude est concentrée sur les rites funéraires ; sur quelques représentations collectives ou plus spécialement mythologiques ; enfin et surtout, sur
les rites d'initiation et sur la magie.
Importance du rêve dans la formation de la notion d'âme.
Né à Épinal le 10 mai 1872 et décédé à Paris le 1er février 1950, Marcel Mauss est généralement considéré comme le "père de l'anthropologie française". En 1921, il a écrit un essai sur les rituels funéraires australiens(2).
Dans cet ouvrage, il souligne que le deuil dans les tribus n'est pas l'expression spontanée des émotions de chacun. Il a un côté presque obligatoire. Voici un extrait pour illustrer ces propos:
"Je me propose de vous montrer par l'étude du rituel oral des cultes funéraires australiens que, dans un groupe considérable de populations, suffisamment homogènes, et suffisamment primitives,
au sens propre du terme, les indications que M. Dumas et moi avons données pour les larmes, valent pour de nombreuses autres expressions de sentiments.
Ce ne sont pas seulement les pleurs, mais toutes sortes d'expressions orales des sentiments qui sont essentiellement, non pas des phénomènes exclusivement psychologiques, ou physiologiques, mais des phénomènes sociaux, marqués éminemment du signe de la non-spontanéité, et de l'obligation la plus parfaite.
(...)Durkheim a même posé la règle que le deuil n'est pas l'expression spontanée d'émotions individuelles.
Les rites oraux funéraires en Australie se composent :
1. de cris et hurlements, souvent mélodiques et rythmés;
2. de voceros souvent chantés;
3. de véritables séances de spiritisme;
4. de conversations avec le mort.
Négligeons pour un instant les deux dernières catégories. Cette négligence est sans inconvénient. Ces débuts du culte des morts proprement dit sont des faits fort évolués, et assez peu typiques.
D'autre part leur caractère collectif est extraordinairement marqué; ce sont des cérémonies publiques, bien réglées, faisant partie du rituel de la vendetta et de la
détermination des responsabilités. Ainsi, chez les tribus de la rivière Tully, tout ce rituel prend place dans des danses funéraires chantées d'un long développement. Le mort y assiste, en
personne, par son cadavre desséché qui est l'objet d'une sorte de primitive nécropsie. Et c'est toute une audience considérable, tout le camp, voire toute la partie de la tribu rassemblée qui
chante indéfiniment, pour rythmer les danses :
Yakai! ngga wingir,
Winge ngenu na chaimban,
Kunapanditi warre marigo.
(ndlr: si ce sujet vous intéresse, vous pouvez aussi retrouver notre article au sujet de la mort et la musique funéraire: http://foruforever.over-blog.com/article-la-mort-et-la-musique-76777000.html)

(Cérémonie funéraire peinte par David Malangi)
Traduction : « Je me demande où il [le koi, le mauvais esprit] t'a rencontré, nous allons extraire tes viscères et voir. » En particulier, c'est sur cet air et sur un pas de danse, que quatre magiciens mènent un vieillard reconnaître - et extraire du cadavre - l'objet enchanté qui causa la mort. Ces rituels indéfiniment répétés, jusqu'à divination, se terminent par d'autres séries de danses, dont une de la veuve qui, faisant un pas à droite et un à gauche, et agitant des branchages, chasse le koi du cadavre de son mari. Cependant le reste de l'audience assure le mort que la vengeance sera exercée. Ceci n'est qu'un exemple. Qu'il nous suffise, pour conclure sur ces rites extrêmement développés, d'indiquer qu'ils aboutissent à des pratiques extrêmement intéressantes pour le sociologue comme pour le psychologue.
Dans un très grand nombre de tribus du centre et du sud, du nord et du nord-est australien, le mort ne se contente pas de donner une réponse illusoire à ce conclave tribal qui l'interroge : c'est physiquement, réellement que la collectivité qui l'évoque l'entend répondre; d'autres fois c'est une véritable expérience que nous appelons volontiers dans notre enseignement, celle du pendule collectif: le cadavre porté sur les épaules des devins ou des futurs vengeurs du sang, répond à leurs questions en les entraînant dans la direction du meurtrier. On le voit très suffisamment par ces exemples, ces rites oraux compliqués et évolués ne nous montrent en jeu que des sentiments, des idées collectives, et ont même l'extrême avantage de nous faire saisir le groupe, la collectivité en action, en interaction si l'on veut.
Les rites plus simples sur lesquels nous allons nous étendre un peu plus, cris et chants, n'ont pas tout à fait un caractère aussi public et social, cependant ils manquent au plus haut degré de tout caractère d'individuelle expression d'un sentiment ressenti de façon purement individuelle. La question même de leur spontanéité est depuis longtemps tranchée par les observateurs; à tel point même que c'est
presque devenu chez eux un cliché ethnographique. Ils ne tarissent pas de récits sur la façon dont, au milieu des occupations triviales, des conversations banales, tout d'un coup, à heures, ou dates, ou occasions fixes, le groupe, surtout celui des femmes, se prend à hurler, à crier, à chanter, à invectiver l'ennemi et le malin, à
conjurer l'âme du mort; et puis après cette explosion de chagrin et de colère, le camp, sauf peut-être quelques porteurs du deuil plus spécialement désignés, rentre dans le
train-train de sa vie.
En premier lieu ces cris et ces chants se prononcent en groupe. Ce sont en général non pas des individus qui les poussent individuellement, mais le camp. Le nombre de faits à citer est sans nombre. Prenons-en un, un peu grossi, par sa régularité même. Le « cri pour le mort » est un usage très généralisé au Queensland Est méridional. Il dure aussi longtemps que l'intervalle entre le premier et le deuxième enterrement. Des heures et des temps précis lui sont assignés. Pendant dix minutes environ au lever et au coucher du soleil, tout camp ayant un mort à pleurer hurlait, pleurait et se lamentait. Il y avait même, dans ces tribus, lorsque des camps se rencontraient un vrai concours de cris et de larmes qui pouvait s'étendre à des congrégations considérables, lors des foires, cueillette de la noix (bunya), ou initiations.

Aborigène d'Australie paré pour des cérémonies rituelles
________________
Mais ce ne sont pas seulement les temps et conditions de l'expression collective des sentiments qui sont fixés, ce sont aussi les agents de cette expression. Ceux-ci ne hurlent et ne crient pas seulement pour traduire leur peur ou leur colère, ou leur chagrin, mais parce qu'ils sont chargés, obligés de le faire. D'abord ce ne sont nullement les parentés de fait, si proches que nous les concevions, père et fils par exemple, ce sont les parentés de droit qui gouvernent la manifestation du deuil. Si la parenté est en descendance utérine, le père ou le fils ne participent pas bien fort au deuil l'un de l'autre. Nous avons même de ce fait une preuve curieuse : chez les Warramunga, tribu du centre à descendance surtout masculine, la famille utérine se reconstitue spécialement pour le rituel funéraire. Un autre cas remarquable est que ce sont même souvent les cognats, les simples alliés qui sont obligés, souvent à l'occasion même de simples échanges de délégués ou à l'occasion d'héritages, de manifester le plus de chagrin.
Ce qui achève de démontrer cette nature purement obligatoire de l'expression du chagrin, de la colère et de la peur, c'est qu'elle n'est pas commune même à tous ces parents. Non seulement ce ne
sont que des individus déterminés qui pleurent, et hurlent et chantent, mais ils appartiennent le plus souvent, en droit et en fait, à un seul sexe. A l'opposé des cultes religieux stricto sensu,
réservés, en Australie, aux hommes, les cultes funéraires y sont dévolus presque entièrement aux femmes. Les auteurs sont unanimes sur ce point et le fait est attesté pour toute l'Australie.
Inutile de citer des références sans nombre d'un fait parfaitement décrit et attesté. Mais même parmi les femmes, ce ne sont pas toutes celles qui entretiennent des relations de fait, filles,
sœurs en descendance masculine, etc., ce sont des femmes déterminées par certaines relations de droit qui jouent ce rôle au plein sens du mot. Nous savons que ce sont d'ordinaire les mères (ne
pas oublier que nous sommes ici dans un pays de parenté par groupe), les sœurs, et surtout la veuve du défunt. La plupart du temps ces pleurs, cris et chants accompagnent les macérations souvent
fort cruelles que ces femmes ou l'une d'elles, ou quelques-unes d'entre elles s'infligent, et dont nous savons qu'elles sont infligées précisément pour entretenir la douleur et les
cris.
Mais ce sont non seulement les femmes et certaines femmes qui crient et chantent ainsi, c'est une certaine quantité de cris dont elles ont à s'acquitter. Taplin nous dit qu'il y avait une «
quantité conventionnelle de pleurs et cris », chez les Narrinyerri. Remarquons que cette conventionnalité et cette régularité n'excluent nullement la sincérité. Pas plus que dans
nos propres usages funéraires. Tout ceci est à la fois social, obligatoire, et cependant violent et naturel; recherche et expression de la douleur vont ensemble."
Danse du clan lors d'une cérémonie funéraire Tiwi sur l'île Melville.
Chaque clan a sa danse particulière associée à son
totem.
Deux mots pour conclure, d'un point de vue psychologique, ou si l'on veut, d'interpsychologie.
Nous venons de le démontrer : une catégorie considérable d'expressions orales de sentiments et d'émotions n'a rien que de collectif, dans un nombre très grand de populations, répandues sur tout
un continent. Disons tout de suite que ce caractère collectif ne nuit en rien à l'intensité des sentiments, bien au contraire. Rappelons les tas sur le mort que forment les
Warramunga) les Kaitish, les Arunta.
Mais toutes ces expressions collectives, simultanées, à valeur morale et à force obligatoire des sentiments de l'individu et du groupe, ce sont plus que de simples manifestations, ce sont des
signes des expressions comprises, bref, un langage. Ces cris, ce sont comme des phrases et des mots. Il faut dire, mais s'il faut les dire c'est parce que tout le groupe les comprend. On fait
donc plus que de manifester ses sentiments, on les manifeste aux autres, puisqu'il faut les leur manifester. On se les manifeste à soi en les exprimant aux autres et pour le compte des
autres.
C'est essentiellement une symbolique.
Ici nous rejoignons les très belles et très curieuses théories que M. Head, M. Mourgue, et les psychologues les plus avertis nous proposent des fonctions naturellement symboliques de
l'esprit.
Et nous avons un terrain, des faits, sur lesquels psychologues, physiologues, et sociologues peuvent et doivent se rencontrer."
"La Voleuse de livres" (The Book Thief) de Markus Zusak (publié en 2005 et en 2007 en France) est une histoire racontée par un narrateur peu ordinaire : la Mort.
"Allemagne, 1939. La Mort est déjà à l'oeuvre. Liesel Meminger et son jeune frère sont envoyés par leur mère dans une famille d'adoption, à l'abris, en dehors de Munich : le père de Liesel a en effet été emporté par le souffle d'un seul et étrange mot - communisme -, et Liesel a vu la peur d'un destin semblable se dessiner dans les yeux de sa mère. Sur la route, la Mort rôde autour des enfants, réussit à s'emparer du petit garçon mais c'est la petite fille qu'elle veut. Ce sera la première d'une longue série d'approches. Durant l'enterrement de son petit frère, Liesel ramasse un objet singulier pour elle qui ne sait pas lire, un livre, 'Le Manuel du fossoyeur', dont elle pressent qu'il sera son bien le plus précieux, peut-être sa protection. Commence alors entre elle et les mots une étrange histoire d'amour. Poussée par un incoercible besoin de comprendre ce qu'il se passe autour d'elle, Liesel, avec l'aide de Hans, son père adoptif, décide d'apprendre à lire. A mesure que l'histoire avance, la Mort s'empare de nombreuses vies mais Liesel et ses livres continuent à lui échapper. "
Cette narratrice nous présente ici l'histoire d'une fillette placée dans une famille d'accueil d'une petite ville près de Munich, dans l'Allemagne de la Seconde Guerre mondiale. Nous découvrons
le destin tragique de Liesel Meminger par les yeux de la Mort, dotée d'un humour noir et cynique, ultime témoin objectif de la folie des hommes.
Le roman a obtenu un succès international auprès du public comme auprès des critiques qui ont salué l'aspect déconcertant du récit et les valeurs qu'il défend contre la barbarie comme
l'importance des liens familiaux, l'amitié, la solidarité humaine et la puissance des livres.

Markus Zusak est un auteur australien des romans jeunesse. Il a notamment écrit La voleuse de livres, bestseller des livres pour enfants et pour adultes en 2007. Il est le plus jeune des quatre enfants, nés d'un père autrichien et d'une mère allemande. Il vit actuellement à Sydney avec sa femme et sa fille.
"Lettres de Venise" (Night Letters) de Robert Dessaix (2001) est l'histoire d'un homme qui sait qu'il va mourir et qui décide alors de voyager. C'est ainsi qu'il va découvrir une liberté nouvelle.
"Un homme sait qu'il va mourir.
Alors il quitte son pays, voyage. C'est de Venise qu'il envoie à un ami les lettres composant ce volume. Et elles sont une extraordinaire surprise. Ce que le narrateur découvre, c'est une
nouvelle relation à l'existence, où la magie de l'instant et une lucidité voulue et cherchée instaurent une liberté nouvelle. Paysages, rencontres, anecdotes, souvenirs littéraires : l'auteur
d'Une mère et sa honte vagabonde, s'émerveille, se souvient.
Nous rapporte pour le plaisir un conte indien du XIIe siècle, campe la silhouette d'un professeur allemand mélancolique et qui aime trop les ragazzi... Et c'est en fin de compte une philosophie
souriante, dédiée à la nonchalance et au bonheur d'être, qui nous est délivrée. Robert Dessaix est un écrivain. Ses interrogations ne posent pas à la sagesse, ne se donnent aucun air de gravité
patriarcale... Son histoire est vraiment dramatique, mais contée d'une manière qui tient la mort en respect par l'humour, transformant le plus naturellement du monde la vie en un
songe."

Romancier et autobiographe, Robert Dessais se met à l'écriture après avoir appris sa séropositivité. Cet ancien professeur de russe accumule les métiers : producteur d'une émission de radio à Sydney, traducteur, essayiste et enfin, auteur. Figure emblématique de la littérature australienne, il publie 'Une mère et sa honte', en 1999, une autobiographie, qui, dit-on, n'est peut-être pas si vraie que cela. Dans ce livre, il entame une sorte de dialogue avec sa mère naturelle et sa mère adoptive.
En 2001, il écrit 'Night letters, lettres de Venise', un roman qui le fait connaître du public français. Auteur prolifique, il publie plusieurs livres 'Corfou', en 2004, 'Dans les pas de Tourgueniev', en 2005 et 'L' amour de toute une vie', également en 2005, un récit sur la liaison entre la cantatrice Pauline Viardot et Tourgueniev.
Le cimetière de Sydney est un cimetière qui occupe le sommet des falaises de Bronte (Australie) dans la banlieue sud-est de Sydney en Australie. Il se distingue par ses monuments des époques victoriennes et édouardiennes, en excellent état. Il contient notamment les tombes de persnnalités australiennes, parmi lesquelles le poète Henry Lawson, le journaliste J. F. Archibald et l'ancien premier ministre Sir Edmund Barton, enterré à South Head.

Il a été inauguré en 1877. Sa superficie est de de 17 hectares. Les cérémonies funéraires s'y déroulent du lundi au samedi.
L'Australie a une préférence pour les techniques qui préservent le plus possible l'environnement, comme, par exemple, l'aquamation et les cimetières verts...
L’aquamation est un terme récemment introduit pour désigner un procédé physico-chimique en phase aqueuse, l’hydrolyse alcaline, qui dissout la matière organique des corps, en particulier mis en œuvre comme service funéraire. S’y rattachent d’autres pratiques funéraires d’inhumation en eau plus ou moins anciennes. Le procédé sert aussi pour éliminer des déchets animaux.

Aquamation (funeralcommunity.com)
Historique et principe de l’Aquamation:
L’aquamation fut développée pour éliminer les restes des animaux d’abattoirs, de façon moins couteuse et surtout pour éviter la dissémination des maladies : depuis 1992 elle est utilisée pour
combattre les maladies de la vache folle, la gale (elle est à présent considérée plus sûre sanitairement que la crémation).
L’usage de l’aquamation à but funéraire, pour l’homme, se développe notamment en Australie et outre atlantique. L’aquamation (funéraire) consiste à plonger le corps (du défunt) dans un bassin
d'eau chaude (93°C) agitée et contenant des agents facilitant la dissolution des chairs. Les agents comprennent notamment des carbonates et hydroxydes. La combinaison du mouvement de l'eau, de sa
température, et de son alcalinité accélère le processus de dissolution et décomposition des tissus, qui après quatre heures de traitement, disparaissent et ne restent que les os (pour un rite
funéraire, les residus osseux sont réduits en poudre et proposé à la famille à l’instar des cendres obtenues par crémation).
Les habitants de Sydney n'ont plus à s'inquiéter de leur empreinte écologique post-mortem: un cimetière catholique permet désormais d'être enterré selon un processus qui respecte le plus
possible l'environnement, sans pierre tombale.
Afin de préserver l'environnement, il existe en Australie des cimetières «verts», dont un où les défunts sont mis en terre dans des vêtements biodégradables, dans un cercueil en pin ou en osier non traité. Les thanatologues n'utilisent aucun produit chimique. La concession n'est valable que pour 10 ans. Etant donné qu'il n'y a pas de pierres tombales, les proches des disparus retrouvent l'emplacement des cercueils au moyen de GPS et peut-être bientôt aussi grâce à Google Earth.
A bientôt !
Marie-Laure
pour foruforever - la mort fait partie de la vie

Livres:
(1) "Les Aborigènes d'Australie"
de Stephen MUECKE et Adam SHOEMAKER
Découvertes Gallimard, 2002
(2) "L'expression obligatoire des sentiments
(rituels oraux funéraires australiens)"
de Marcel Mauss
Journal de psychologie, 18, 1921
"Les rites de l'au-delà"
de Jean-Pierre Mohen
Odile Jacob, 1995
"La Voleuse de livres"
de Markus Zusak
Oh ! Editions, publié en 2007 en France
"Lettres de Venise"
de Robert Dessaix
Le Reflet, 2001
Sources :
(*) http://cat.inist.fr/?aModele=afficheN&cpsidt=20060108
http://fr.wikipedia.org/wiki/Aquamation
http://www.francedidgeridoo.com/ceremonie-funebre-t2579-15.html
http://books.google.be/books?id=mfAWwd7IpAAC&pg=PA272&lpg=PA272&dq=aborig%C3%A8nes+rites+fun%C3%A9raires&source=bl&ots=svZCjyTt7F&sig=X5I2-0-N67RboDDckqau1ekLzE0&hl=fr&sa=X&ei=k9FxT4K3HcHL8QPXsKTfCQ&ved=0CFsQ6AEwBw#v=onepage&q&f=false
http://noxy17.unblog.fr/2011/08
http://detoursdesmondes.typepad.com/dtours_des_mondes/australie_1/
http://www.larecherche.fr/content/recherche/article?id=14967
http://www.artdudesert.fr/Birnberg-LePorche4.pdf
http://www.ville-ge.ch/meg/totem/totem58.pdf
http://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=tribus_australie_sud_est.doc&source=web&cd=1&ved=0CCMQFjAA&url=http%3A%2F%2Fclassiques.uqac.ca%2Fclassiques%2Fmauss_marcel%2Foeuvres_2%2Foeuvres_2_08%2Ftribus_australie_sud_est.doc&ei=NDVyT_nwGoi78gOG1vlA&usg=AFQjCNETwRmHWX0SydZGgN6B41jO9qL9Iw&cad=rja
http://www.google.com/url?sa=t&rct=j&q=expression_sentiments.doc&source=web&cd=4&sqi=2&ved=0CDcQFjAD&url=http%3A%2F%2Fclassiques.uqac.ca%2Fclassiques%2Fmauss_marcel%2Fessais_de_socio%2FT3_expression_sentiments%2Fexpression_sentiments.doc&ei=6jVyT5TpB4Tr8QPch-wk&usg=AFQjCNG4HnTnZp07RlTGVgzM104RR9ACNA&cad=rja
http://www.evene.fr/livres/livre/markus-zusak-la-voleuse-de-livres-26336.php
http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Voleuse_de_livres
http://www.youtube.com/watch?v=j_vtfUgeZIo
http://www.babelio.com/auteur/Markus-Zusak/3725
http://www.decitre.fr/livres/Night-Letters.aspx/9782253152484
http://www.evene.fr/celebre/biographie/robert-dessaix-17604.php
http://midnightoz.wordpress.com/2009/02/08/the-coogee-walk-till-bondi-beach/

Partons à la découverte de la mort dans le monde !
Rites, croyances, culture, traditions, ... c'est comment la mort ailleurs ?
Après le Danemark, la Russie, l'Inde, l'Australie, l'Indonésie, la Chine, le Japon
Huitième étape du tour du monde de la mort :
l'Argentine
Vivre, c'est cheminer le temps d'un court voyage
Che Guevara
Inca (Quechua inka, qui signifie «Fils du Soleil») est à l'origine le nom donné aux souverains du peuple quechua, au Pérou dans la vallée de Cuzco. En 1525, le territoire contrôlé par les Incas comprenait plusieurs régions dont une partie de l'Argentine. Huayna Cápac est mort cette année-là, sans avoir désigné son successeur, ce qui a entraîné la division de l'empire. C'est à ce moment critique que le conquistador espagnol Francisco Pizarro a débarqué sur la côte accompagné d'une troupe d'environ 180 hommes pourvus d'armes à feu.
Crédit photo: So_P La porte du soleil. La frise du grand linteau représente des personnages ailés, dominés au centre par le dieu aux Sceptres, baptisé Viracocha.
Les Incas ont toujours accepté la mort avec sérénité, comme une conséquence naturelle de la vie.
Afin de refermer le cercle de la vie, ils mettaient les corps des morts dans la position du foetus. L'habillement
du corps et la préparation de l’ensevelissement avaient lieu dans l'obscurité et étaient suivies de lamentations et de danses tristes et lentes qui duraient plus ou moins longtemps selon
l'importance du défunt. Le tout était accompagné de repas pris en commun. Les Incas croyaient qu’après la mort, les deux âmes qui habitaient chaque personne prendraient des
chemins différents: l'une retournerait à sa place originelle qui dépend réellement des vertus du mort et de sa condition sociale et l'autre restait dans le corps et
était momifiée.
Les Incas pensaient qu'il fallait bien s'occuper de leurs ancêtres car ils pouvaient avoir une énorme influence sur leur descendance, en bien ou en mal en fonction des soins qu'ils auraient reçus
ou pas.
Les dignitaires incas avaient pour habitude de donner leurs noms à certaines pierres ou statues pour qu'elles soient vénérées comme ils l'étaient eux-mêmes, de leur vivant et après leur mort. Ils
les emportaient, à la guerre ou en procession, afin d'avoir de l'eau et de la pluie en quantité suffisante.
Azul fuit le monde. Elle part se réfugier sur une plage déserte pour oublier le décès de son fils et son mari. C'est au rythme de la mer, de son mouvement furieux et répétitif qu'elle tente de se reconstruire. Une chienne blessée sera son compagnon de voyage, un pêcheur pourrait lui apporter un peu de vie...
Bande-annonce du film (en vo s-t en anglais):
Santiago, décorateur d'intérieur reconnu, est avant tout le mari de Milli et un père affectueux pour Josefina. L'équilibre de sa confortable vie urbaine vole en éclats lorsqu'une tragédie brise sa si jolie famille. Méconnaissable, il réapparaît dans un aéroport désolé, au milieu des paysages glacés de la Patagonie, tentant de tromper sa douleur par des travaux ennuyeux. Tourmenté par les fantômes d'un passé inaltérable, Santiago doit se réconcilier avec le présent pour éviter de tomber dans la folie...
Bande-annonce du film:
Julia, 26 ans, enceinte de quelques semaines, découvre chez elle le corps de deux hommes dont celui du père de son enfant. Incapable de se souvenir des circonstances du meurtre, elle est incarcérée dans une prison spéciale pour jeunes mères en attente de son procès. Elle y donne naissance à un fils, Thomas. Lorsqu'elle est condamnée, Julia sait qu'elle ne pourra garder Thomas près d'elle que 4 ans. Malgré l'enfermement, elle vit avec son fils de véritables moments de bonheur. Un jour, la mère de Julia, exilée en France depuis plusieurs années, vient prendre le garçon. Bouleversée par cette séparation, Julia va tout faire pour le récupérer...
Bande-annonce du film:
Les années 1970 furent une sombre période pour la création intellectuelle en Argentine. Le signe de cette époque est l’exil (Juan Gelman, Antonio Di Benedetto) ou la mort (Roberto Santoro, Haroldo Conti, Rodolfo Walsh).
L'écrivain d'origine irlandaise, Rodolfo Jorge Walsh est né en Argentine, en 1927. En 1957, il fait paraître Opération massacre qui est le résultat d’un travail d’enquête sur l’assassinat de personnalités de l’opposition sous le gouvernement militaire institué par Aramburu. Cet ouvrage, considéré comme un modèle de journalisme d’investigation. Le 24 mars 1977, il écrit une «Lettre ouverte à la junte militaire» dans laquelle il dénonce les politiques économiques menées par le gouvernement. Peu après, il est assassiné par la junte militaire argentine.

"Opération massacre" de Rodolfo Walsh
Le 9 juin 1956, en Argentine, les généraux Tanco et Valle se soulevèrent contre le gouvernement de facto qui avait destitué le président Peron en septembre 1955. L'insurrection fut brutalement et illégalement réprimée. Dans la décharge publique de José Leon Suarez. un groupe de civils - certains vaguement liés à la révolte, les autres totalement étrangers à celle-ci - furent exécutés avant même que ne soit proclamée la loi martiale. Une poignée d'entre eux réussit à échapper à la mort. Rodolfo Walsh retrouva l'un des survivants, grâce au témoignage duquel il reconstitua les faits et en publia le récit en 1957. après avoir dû se réfugier dans la clandestinité pendant plusieurs mois. Opération Massacre est le résultat de cette enquête pénétrante et exhaustive qui, bien avant que le New Journalism ne connaisse son heure de gloire aux États-Unis, inaugura un genre nouveau en littérature.
A l'origine, les cimetières se trouvaient près des églises, comme dans la plupart des pays chrétiens. Le développement des villes et la séparation de l'Église et de l'Etat, lors de la Révolution, ont entraîné la création de cimetières civils officiels. A Buenos Aires, il y a 3 grands cimetières: celui de la Recoleta, celui de la Chacarita et celui de Flores. Le cimetière de la Recoleta semble être le plus important de la ville.

Le Cimetière de Recoleta est un célèbre cimetière situé dans le quartier de Recoleta à Buenos Aires. Les jardins qui entourent le cimetière constituent une aire de délassement populaire.
A l'initiative du Président de l'époque, il a été dessiné par le français Prosper Catelin et inauguré en 1822.
Il se trouve au côté de l'ancien couvent des pères Récollets. Il constitue une superbe exposition d'architecture funéraire du XIXe siècle et du début du XXe, avec des panthéons familiaux et des caveaux de la haute bourgeoisie et des anciens estancieros richissimes. Parmi eux se trouvent les sépultures de nombreux protagonistes de l'histoire argentine.

La tombe d'Eva Perón, Première Dame d'Argentine
Comme dans d'autres pays, des cimetières privés commencent à faire leur apparition ainsi que l'activité commerciale qui s'y rapporte.
Sur la colline de Kenko à 5 kilomètres de Cuzco, la capitale des Incas, dans un mur semi-circulaire des galeries sont creusées et a pu abriter la tombe de l'Empereur Pachacutec. C'est sans doute un lieu de culte très important de la région, une immense nécropole, car on a retrouvé une grande quantité de momies à cet endroit.
En Argentine, la mort est considérée comme le passage d'une sorte de frontière et non comme une séparation absolue ou un anéantissement, c'est pour cette raison que les
cérémonies funéraires se déroulent dans une ambiance détendue. Comme le cadavre pourrait transmettre des microbes, on le mettra dans son
cercueil le plus vite et le plus loin possible de la maison. Dans la plupart des cas, on conduit le corps du défunt dans un funérarium qui est généralement doté d'un bar, d'une
terrasse et de pièces "intimes" très confortables où famille et amis peuvent se reposer, se rafraîchir, se restaurer et même travailler un peu. Cela donne une idée de l'ambiance qui peut y
régner...
L'embaumement de longue durée est assez fréquent en Argentine, il "efface" l'horreur de la mort. En somme, l'Argentin
repousse les témoignages de la déchéance du corps, car ils s'opposent à l'image tranquillisante du passage dans un "ailleurs" à laquelle il tient. Pour la même raison, il y a très peu d'incinérations en Argentine.
Dans la chapelle ardente où repose le corps dans son cercueil, les signes d'affection sont nombreux: des croix, des cierges, des fleurs et
parfois aussi des éléments en cuivre gravé sont fixés au cercueil. A l'intérieur, le mort repose dans un linceul de toile simple, mais il est encadré d'une dentelle fine qui borde le cercueil. Le
luxe des voiture du cortège est également un signe d'estime.
Dans certaines régions, les cérémonies deviennent de véritables fêtes mortuaires durant lesquelles on danse et on chante en espérant que le défunt est au ciel et heureux. En ce qui concerne les enfants, grâce à la pureté de leur esprit, on sait qu'ils vont directement au paradis. Il n'y a donc pas de raison de pleurer. Même si ces traditions sont différentes des nôtres, elles ne manquent absolument pas de respect envers les morts.
A bientôt !
Marie-Laure
pour foruforever - la mort fait partie de la vie

Sources :
http://www.lescitations.net/citations/auteurs/Ernesto_Guevara.html
http://www.zoom-cinema.fr/films/nationalites/argentin/14/
http://www.telerama.fr/cinema/films/nacido-y-criado,298568.php
http://www.canalplus.fr/c-cinema/pid3560-c-bandes-annonces.html?vid=72703
http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=135802.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Litt%C3%A9rature_argentine
http://www.amazon.fr/Op%C3%A9ration-massacre-Rodolfo-Walsh/dp/2267021137
http://www.babelio.com/auteur/Rodolfo-Walsh/102445
http://agora.qc.ca/thematiques/mort.nsf/Dossiers/Incas_Les
http://www.obseques-liberte.com/rites-funeraires/Argentine.htm
http://thecorpsedrivers.coolbb.net
http://www.petitherge.com/article-cimetiere-de-chacarita-buenos-aires-56937320.html
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Un oeil sur la Toile - La chronique web de Laure ConstantinescoTV5 Monde
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